Décidons-nous sans le savoir ?

Êtes-vous toujours maître de vos décisions ?

Le Professeur de neuroscience Wolfram Schultz de l’université de Cambridge propose un modèle « acteur-critique » lors de la prise de décisions.

En voici les principes :
Lorsque nous devons prendre une décision dans un contexte à plusieurs options, nous utilisons une entité dite « acteur » qui décide et une entité dite « critique » qui participe à deux niveaux :

  • En amont, l’entité «critique » attribue une valeur à chaque option, puis la communique à « l’acteur ».
  • En aval, elle évalue les conséquences de l’action décidée et les écarts entre l’attendu et le réel. Cet écart s’appelle « l’erreur de prédiction».

Lors de ses recherches, Schultz montre que non seulement la dopamine influerait sur la prise de décision, mais qu’elle serait aussi en cause dans le phénomène de « l’erreur de prédiction ».

(Par exemple, sur des patients atteints de la maladie de Parkinson, le traitement qui vise à augmenter leur taux de dopamine peut être source de perturbation dans la prise de décision : jeu pathologique ou dépenses excessives).

Selon certaines recherches les régions cérébrales impliquées dans ce processus de décisions seraient le cortex préfrontal, selon d’autres ils s’agiraient plutôt des structures sous-corticales : le thalamus, les noyaux gris centraux. Cependant, il est fort probable que l’ensemble de ces structures soit engagé.

En effet, concernant les choix dits « abstraits » comme lorsqu’on se demande si l’on préfère une tasse de thé ou de chocolat, les aires associées seraient le cortex orbitofrontal

Par contre, concernant les choix dits « moteurs » ou encore « non conscients » comme dans le choix d’utiliser la main droite ou gauche pour prendre la tasse, les aires impliquées seraient le cortex prémoteur, ou les structures sous-corticales pour les actions non conscientes (ex. contrôle de l’équilibre).

En outre, dans un contexte social la capacité typique à l’Homo sapiens de choisir en fonction d’autrui ou d’anticiper se gèrerait au niveau du cortex préfrontal (cf. Bault & al., 2011)

Catherine Eymery Ph.D
Catherine Eymery
Chercheure / Formatrice / Entrepreneure

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Bault, N., Joffily, M., Rustichini, A., & Coricelli, G. (2011, 08 08). Medial prefrontal cortex and striatum mediate the influence of social comparison on the decision process. Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America, 108(38), pp. 16044–16049.

Nous réalisons en permanence des choix réfléchis qui demandent des ressources cognitives importantes, mais également des choix effectués de façon automatique.

Nos choix sont cependant, influencés par nos perceptions et nos émotions. Notamment, nos perceptions sont issues de la reconstruction de la réalité par notre cerveau en fonction de nos émotions.

Les neurones rétiniens convergent vers le colliculus et transmettent les signaux au cortex visuel. Cependant, le colliculus serait aussi en lien et de façon plus rapide avec la substance noire qui génère la dopamine impliquée dans la sensation de plaisir et l’évaluation de la récompense.

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Cette découverte signifie que la perception émotionnelle est plus rapide que la vision.

C’est-à-dire que les émotions peuvent enclencher des décisions non réfléchies, automatiques.

De plus, ces recherches nous indiquent que certes l’humain est en capacité de prendre des décisions réfléchies, mais au quotidien une multitude de nos décisions sont réalisées sans que nous en soyons complètement conscients.

En tant que formatrice, enseignante, maman ou en lien avec le domaine de la formation, sachez prendre du recul face aux décisions de vos apprenants, élèves ou enfants, car parfois ce sont leurs émotions qui décident pour eux.