Confiance et coopération

Quelques conditions nécessaires...

Dans un contexte social, le duo confiance/défiance induit un état qui oscille entre 4 variables :

  • 1. La mémoire des expériences passées
    (situations similaires, mêmes partenaires ou pas),
  • 2. L’anticipation de ce qui peut advenir
    (quels bénéfices ou risques à attendre, quel niveau d’incertitude, quelle stratégie proposée pour y pallier),
  • 3. Les interactions possibles
    (connaissance des règles du jeu, de la teneur des contrats, qui sont les autres intervenants : public, arbitre, coéquipiers),
  • 4. La dynamique des interactions
    (qu’est-ce qui se dit, se fait, se promet).

L’identité narrative (cf. Ricoeur) d’une entreprise ou d’un groupe de travail s’appuie sur : 

  1. la mémoire fondatrice d’une collectivité, ses valeurs (le passé),
  2. les questions centrales : quelle est la difficulté essentielle ? Quels sont les principes vitaux ? Que peut-on espérer ? (le futur),
  3. la mise en place de dispositifs en adéquation (le contexte),
  4. la résolution des problèmes et stratégies utilisées (les interactions).
Catherine Eymery Ph.D
Catherine Eymery
Chercheure / Formatrice / Entrepreneure

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Ricoeur, P. (2005). Parcours de la reconnaissance – Trois études. Paris: Editions Gallimard.

Lorsque l’identité narrative est crédible, on observe l’apaisement des conflits internes, l’augmentation du degré d’engagement, ainsi qu’une plus forte coopération entre les agents d’une même collectivité.

Dans ce cas, l’individu s’identifie volontiers à ce collectif et privilégie l’intérêt collectif à son propre intérêt. Chacun accepte de s’effacer au bénéfice du collectif, car chacun a confiance au fait que cela lui sera profitable et qu’il sera protégé de l’iniquité ou de l’injustice.

D’un point de vue économique, il est observé que l’engagement individuel et la coopération réduisent les coûts de transaction et d’organisation. Cela constitue une ressource rare et pertinente qui donne un large avantage face à la concurrence.

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En tant que formatrice, enseignante, mère ou personne en lien avec les métiers de la formation, souvenez-vous que celui qui gère une équipe se doit de faire preuve de leadership, c’est-à-dire :

  • qu’il devrait se positionner comme tiers garant de l’identité narrative en rappelant la mémoire fondatrice, en débattant et décidant d’une stratégie en lien avec les structures mises en place et les valeurs prônées.
  • Il devrait également prendre la responsabilité de ce qu’il a dit, fait, raconté, promis…
  • Il devrait accepter de se traiter comme un autre et de traiter l’autre comme soi-même, la condition sine qua non à la reconnaissance mutuelle.
  • Il devrait aussi dévoiler ses propres failles, qui contrairement à une idée reçue ne l’affaibliront pas, mais renforcera la confiance mutuelle.
    Lorsque le leader met les principes au-dessus de lui-même et qu’il s’engage de bonne foi à les faire vivre dans la réalité complexe, même au prix d’une éventuelle blessure narcissique, il devient garant de la mise en place de conditions favorables à la coopération.

En conclusion, si vous voulez vous positionner en leader, n’oubliez pas de respecter l’identité narrative du collectif auquel vous appartenez, puis de considérer et de reconnaitre l’autre comme un autre vous-même avec ses forces et ses faiblesses.

La confiance, ça se mérite !