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Dormir pour mieux apprendre

Comment le sommeil agit-il sur la consolidation des apprentissages ?

Dorénavant lorsque l’on vous dira : « Révise ta leçon avant de dormir, pour mieux t’en rappeler ! », vous saurez que les scientifiques ont démontré cette assertion.

En effet, de récentes recherches indiquent que le sommeil consolide la mémoire. Cependant, s’il permet de stocker certaines informations, il permet également d’oublier ce qui est inutile.

C’est cette faculté d’oubli qui favoriserait l’acquisition de nouveaux apprentissages et libèrerait la mémoire de travail. Cette mémoire à court terme permet une première mémorisation comme votre place de parking ou un nouveau numéro de téléphone, ou encore un nouveau prénom, etc.

Les neurones communiquent entre eux en libérant de façon importante des neurotransmetteurs afin de transférer l’information, mais également de la mémoriser. Ce mécanisme est appelé « potentialisation à long terme » et se produit lors d’un apprentissage (lorsque l’on est éveillé), mais aussi pendant le sommeil paradoxal essentiellement au niveau des zones de l’hippocampe1 et du néocortex2.

D’autres travaux de recherches (cf. Rauchs & al., 2011) indiqueraient que l’information inutile est effacée au cours du sommeil à ondes lentes par un mécanisme inverse appelé « dépression à long terme » impliquant une augmentation de la sécrétion d’insuline et une diminution de l’efficacité synaptique.

Catherine Eymery Ph.D
Catherine Eymery
Chercheure / Formatrice / Entrepreneure
Les lobes du néocortex humain : frontal (bleu), pariétal (jaune), occipital (rose) et temporal (vert). (sources : Wikipédia)

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Rauchs, G., & al. (2011, février 16). Sleep Contributes to the Strengthening of Some Memories Over Others, Depending on Hippocampal Activity at Learning. The Journal of Neuroscience, 31(7), pp. 2563-2568.

Par conséquent, au cours du sommeil à ondes lentes le cerveau trierait les informations pour que seules celles considérées comme utiles soient transférées de l’hippocampe vers le cortex afin d’être stocker à long terme.

Le sommeil faciliterait donc aussi l’oubli des informations inutiles accumulées lors d’une journée.

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Mais comment le cerveau sélectionne-t-il les informations considérées comme inutiles ?

Lorsque nous sommes attentifs à un mot, par exemple pour le mémoriser, l’activité de la zone de l’hippocampe est plus intense que lorsque nous n’y portons pas attention.

De sorte que, l’hippocampe étiquetterait les réseaux neuronaux lorsque nous réalisons un effort d’apprentissage. Lors du sommeil ces mêmes réseaux seraient réactivés participant ainsi à la consolidation des apprentissages.

En tant que formatrice, enseignante, maman (papa aussi 🙂 ), n’hésitez donc plus à espacer les périodes d’apprentissage avec des périodes de sommeil. Surtout si vous avez, au préalable, mis l’accent sur l’essentiel à retenir.

En effet, à chaque fois que vous mobilisez votre attention sur quelque chose en particulier (de façon volontaire ou non-volontaire), vous favorisez le renforcement de la synaptogénèse (formation des réseaux neuronaux), lors des périodes de sommeil.

Outre le fait d’avoir délibérément l’intention de diriger votre attention, un des moyens d’augmenter cette dernière est d’utiliser le pouvoir de vos émotions et de vos sens (Vue, Audition, Goût, Odorat, Kinesthésie).

Cependant, restez vigilant, car durant le sommeil votre cerveau consolide et mémorise ce sur quoi vous portez votre attention, même si, et surtout si vous le laissez choisir !