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Nos modèles internes

Comment se consolident nos « modèles internes » ?

Nous recueillons le savoir sous forme de faits ou d’idées, de concepts, de théories (informations sémantiques). C’est le cortex cérébral via l’hippocampe qui va se charger d’ajouter les nouvelles connexions et les nouveaux réseaux synaptiques. C’est ainsi que nous créons des « modèles internes » de notre corps et du monde.

Par exemple, lorsqu’un objet tombe nous sommes capables d’anticiper sa trajectoire, nous savons intuitivement qu’il va faire une chute vers le bas, car notre cerveau a mémorisé le « modèle interne » de la gravité.

Des chercheurs ont étudié un modèle interne élémentaire chez la souris dit « de la boussole neuronale ». Il s’agit d’une assemblée de neurones située dans le cortex qui informe le cerveau sur la direction de la tête. C’est le système vestibulaire de l’oreille interne qui tel un gyroscope active ces ensembles de neurones, selon que la tête tourne à droite ou à gauche. Ceci a permis de mettre en place une expérimentation (cf. Peyrache, & al., 2015) qui démontre que l’activité cérébrale durant le sommeil paradoxal (phase durant laquelle, nous rêvons _ 20% du temps de sommeil) est aussi intense que lors de l’éveil. La séquence d’activité des neurones est donc rejouée à la même vitesse durant l’éveil que durant le sommeil paradoxal alors que les stimuli sensoriels ne sont pas activés lors du sommeil. Ceci confirmerait que les modèles internes une fois actualisés ne réagiraient pas ou très peu aux variations causées par l’environnement.

 
 
Catherine Eymery Ph.D
Catherine Eymery
Chercheure / Formatrice / Entrepreneure

Peyrache, A., Lacroix, M. M., Petersen, P. C., & Buzsáki, G. (2015, 03 10). Internally organized mechanisms of the head direction sense. Nature Neuroscience(18), pp. 569–575.

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En d’autres termes, une fois expérimentés, mémorisés et consolidés, les modèles internes deviennent autonomes, ils n’incluent plus ou peu les informations issues du système sensoriel. C’est ainsi que conditionnés par nos modèles internes, nous ne prenons plus la peine de tenir compte des nouvelles informations issues de l’environnement.

D’une certaine manière, les modèles internes guident, tout au long de la vie, l’interprétation du monde ainsi que le comportement que l’on adopte avec son environnement.

Ces modèles internes contribuent à la survie de l’organisme en facilitant la perception et la prédiction. Ainsi, face à des expériences familières, la personne va activé un comportement en fonction de ce qu’elle prévoit qu’il va arriver. Et ce, selon la généralisation de la situation qu’elle a préalablement mémorisée.

En tant que formatrice rappelez-vous que les apprenants que vous avez en charge, arrivent avec leurs « modèles internes » déjà élaborés. Ce qui signifie, qu’il ne suffit pas de leur donner de l’information pour qu’ils puissent la transformer en connaissance. Leurs modèles internes les rendront plus ou moins « aveugles » et « sourds » à ce que vous leur direz.

Votre rôle de formatrice est donc de leur proposer un séquençage de situations d’apprentissage qui favorise la répétition, l’expérimentation ainsi que des temps de récupération (sommeil). Ceci leur permettra de mémoriser de nouveaux « modèles internes » plus adaptés à l’environnement qui les entoure ou plus en adéquation avec les objectifs qu’ils se sont fixés.