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La bienveillance
Publié le 23 mars 2025
La bienveillance est essentielle au développement des enfants et adolescents, influençant positivement leur cerveau, leurs émotions et leurs comportements. Les approches éducatives basées sur l'empathie favorisent des interactions saines, tandis que les méthodes punitives peuvent nuire au développement émotionnel et social. Un cadre structurant, associé à une communication bienveillante, permet aux jeunes de s'épanouir et de développer des compétences sociales et émotionnelles.

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1. La bienveillance, une des clés du développement optimal chez l’enfant et l’adolescent.

En tant que formateurs ou éducateurs, nous sommes constamment en quête des meilleures pratiques pour accompagner au mieux les jeunes dans leur apprentissage et leur développement. Les récentes découvertes en neurosciences nous apportent une lumière nouvelle sur les conditions nécessaires à l’épanouissement de l’enfant et de l’adolescent. Ces avancées montrent clairement qu’une approche bienveillante est essentielle. De plus, elle peut avoir des effets durables sur le développement cérébral, affectif et social des jeunes.

1.1. Le mythe de l’éducation punitive.

Pendant longtemps, une croyance largement répandue était que la sévérité et la punition pouvaient forger le caractère de l’enfant et lui apprendre à mieux se comporter. Cette idée a traversé les siècles et les cultures, influençant ainsi les pratiques éducatives dans de nombreuses familles et écoles. Pourtant, les études récentes démontrent que cette approche punitive ne produit pas les effets escomptés. Au contraire, elle semble conduire à des comportements antisociaux, comme la délinquance, l’agressivité, et la difficulté à nouer des relations saines.

Une méta-analyse de plusieurs études sur le sujet montre que l’éducation basée sur la punition n’améliore ni les comportements, ni les performances académiques de l’enfant. Cette méthode peut avoir des conséquences profondes et délétères sur le développement du cerveau, en le rendant plus insensible et moins capable d’empathie. La violence éducative, même verbale, affecte négativement les connexions neuronales nécessaires au développement des compétences sociales et émotionnelles.

1.2. Le cerveau de l’enfant : une structure en plein développement.

Le cerveau de l’enfant est un organe particulièrement sensible et malléable, en constante évolution. Contrairement aux idées reçues, les expériences relationnelles, qu’elles soient positives ou négatives, modifient en profondeur la structure cérébrale. Durant l’enfance, des régions clés du cerveau, comme le cortex préfrontal (responsable de la prise de décision et de la régulation des émotions) et l’hippocampe (lié à la mémoire), sont encore immatures.

La neuroplasticité, qui désigne la capacité du cerveau à se remodeler en fonction des expériences, est particulièrement forte chez les jeunes enfants. Par conséquent, chaque interaction avec l’environnement modifie les connexions neuronales, influençant ainsi la manière dont l’enfant perçoit et réagit au monde qui l’entoure. C’est pourquoi il est primordial que ces interactions soient empreintes de bienveillance et d’empathie. Les enfants qui évoluent dans un environnement où ils se sentent compris, soutenus et aimés développent plus facilement leurs compétences affectives et intellectuelles.

2. L’impact des émotions sur le comportement.

Les tempêtes émotionnelles que connaissent les enfants en bas âge sont souvent mal comprises par les adultes. À partir de deux ou trois ans, les jeunes enfants expriment fréquemment des colères, des chagrins, ou des peurs de manière intense. Ces réactions sont souvent perçues à tort comme des caprices, mais elles sont en réalité le reflet de l’immaturité de leur cerveau émotionnel, principalement dominé par le système limbique (cerveau archaïque).

Entre cinq et sept ans, le cortex orbitofrontal, une zone clé du cerveau responsable de la régulation des émotions, commence à se développer. Il ne parvient à maturité que plus tard, et c’est là que le rôle des adultes bienveillants devient crucial. Lorsque les adultes entourent l’enfant avec empathie, en mettant des mots sur ses émotions et en lui offrant du soutien, cela permet à son cerveau de se structurer et de mieux gérer ces tempêtes émotionnelles.

2.1. Les conséquences du stress prolongé.

Une autre découverte importante concerne les effets du stress sur le cerveau en développement. Lorsque l’enfant est soumis à des situations de stress prolongé, comme des punitions sévères ou un manque d’affection, son corps produit en grande quantité une hormone appelée cortisol. À court terme, le cortisol est utile pour faire face à des situations de danger. Cependant, lorsqu’il est produit en excès, il devient toxique pour le cerveau. Cela peut notamment affecter la croissance et le fonctionnement du cortex préfrontal et de l’hippocampe, deux zones essentielles pour l’apprentissage et la régulation émotionnelle.

De fait, un enfant régulièrement exposé à des situations de stress peut développer des réactions instinctives d’attaque, de fuite, ou de sidération. Il est alors important de comprendre que ces comportements ne sont pas intentionnels. Ils sont la réponse de son cerveau archaïque. En lui offrant un cadre sécurisant, où ses besoins fondamentaux sont pris en compte (affection, sécurité, calme), les adultes peuvent l’aider à sortir de cet état d’insécurité. Il peut ainsi mieux réguler ses émotions.

2.2. Le pouvoir du maternage.

Le terme « maternage » ne se limite pas à la relation mère-enfant. Il englobe l’ensemble des gestes d’affection, de réconfort et de soutien apportés à l’enfant par son entourage. Ces gestes ont un impact direct sur la structuration du cerveau, notamment sur des zones comme le cortex orbitofrontal, qui joue un rôle fondamental dans la régulation des émotions et la capacité d’empathie.

De plus, le maternage favorise la production de molécules essentielles au bien-être, comme l’ocytocine, souvent appelée « hormone de l’amour ». Cette molécule renforce les liens sociaux, diminue le stress, et stimule la coopération et la confiance. De plus, l’ocytocine agit en synergie avec d’autres neurotransmetteurs comme la dopamine, qui est liée à la motivation et au plaisir d’apprendre, et la sérotonine, qui stabilise l’humeur.

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3. Créer un cercle vertueux d’empathie.

Une éducation basée sur la bienveillance et l’empathie crée un cercle vertueux pour l’enfant. Plus il reçoit d’empathie, plus il est capable d’en donner à son tour. Chaque geste affectueux, chaque parole réconfortante favorise la production d’ocytocine, renforçant ainsi les capacités empathiques et sociales de l’enfant. À l’inverse, un manque d’empathie et d’affection diminue cette capacité, ce qui peut conduire à des comportements plus individualistes, voire agressifs.

De fait, ce principe est crucial dans la formation des enseignants et éducateurs. En comprenant que la bienveillance et l’empathie ne sont pas des signes de faiblesse, mais des piliers fondamentaux du développement humain, nous pouvons ajuster nos pratiques pédagogiques pour mieux répondre aux besoins des enfants et des adolescents.

3.1. Équilibre entre cadre et bienveillance.

Être bienveillant ne signifie pas être laxiste. Les enfants ont besoin de repères clairs et d’un cadre structurant pour se développer de manière saine. L’important est de poser ces limites avec empathie. Lorsque l’enfant ne se comporte pas de manière adéquate, il est essentiel de lui faire comprendre le problème sans jugement. Par exemple, au lieu de lui dire « tu n’es pas gentil ». Il est plus constructif de dire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que tu as fait, mais je te fais confiance pour faire mieux la prochaine fois. »

En l’occurrence, cette approche permet à l’enfant de comprendre que son comportement est dissocié de sa valeur en tant qu’individu, et qu’il a toujours la possibilité de s’améliorer. Ce cadre bienveillant l’encourage à prendre des responsabilités tout en lui donnant confiance en ses capacités.

3.2. Implication pour les éducateurs et les formateurs.

En tant que formateurs, nous devons être conscients que nos pratiques éducatives ont un impact profond sur le développement des jeunes esprits que nous encadrons. Les découvertes scientifiques sur le développement du cerveau montrent que les environnements bienveillants, empathiques et soutenants sont essentiels pour favoriser un apprentissage optimal.

Par conséquent, cela signifie que, dans nos interactions avec les enfants et les adolescents, nous devons toujours garder à l’esprit l’importance de l’empathie, du respect, et de la compréhension. Ces qualités ne sont pas seulement des compétences relationnelles. Elles sont également des leviers puissants pour encourager l’épanouissement intellectuel, émotionnel et social des jeunes générations.

Conclusion

La bienveillance n’est pas un concept secondaire dans l’éducation ; elle est au cœur du développement sain du cerveau de l’enfant et de l’adolescent. En créant un environnement où l’empathie et le respect sont des valeurs fondamentales, nous permettons aux jeunes de développer leurs capacités intellectuelles, émotionnelles et sociales de manière optimale. Pour les formateurs, il est essentiel d’intégrer ces découvertes dans leurs pratiques afin de favoriser des apprentissages durables et épanouissants pour tous.

Foire Aux Questions (FAQ)

1. Pourquoi l’approche punitive est-elle inefficace dans l’éducation des enfants et des adolescents ?

L’approche punitive ne favorise ni les bons comportements ni la réussite scolaire. Les études montrent qu’elle peut entraîner des comportements antisociaux, une diminution de l’empathie et des difficultés relationnelles. De plus, elle affecte négativement le développement du cerveau, en particulier les connexions neuronales nécessaires aux compétences sociales et émotionnelles.

2. Comment le cerveau des enfants et des adolescents se développe-t-il en fonction de leur environnement ?

Le cerveau est en constante évolution et très sensible aux expériences vécues. La neuroplasticité permet aux interactions avec l’environnement de modifier les connexions neuronales. Un cadre bienveillant et empathique favorise le développement du cortex préfrontal (régulation des émotions, prise de décision) et de l’hippocampe (mémoire et apprentissage), tandis qu’un environnement stressant peut nuire à leur croissance.

3. Quel est le rôle des émotions dans le comportement des jeunes enfants ?

Les jeunes enfants ont un cerveau émotionnel immature, dominé par le système limbique. Leurs réactions intenses (colères, chagrins, peurs) ne sont pas des caprices, mais des manifestations de cette immaturité. L’accompagnement bienveillant des adultes aide leur cortex orbitofrontal, responsable de la régulation émotionnelle, à se développer progressivement.

4. Quels sont les effets du stress prolongé sur le cerveau des enfants ?

Le stress chronique entraîne une production excessive de cortisol, une hormone qui, à haute dose, devient toxique pour le cerveau. Il peut ralentir le développement du cortex préfrontal et de l’hippocampe, entraînant des difficultés de régulation émotionnelle et d’apprentissage. Un environnement sécurisant et affectueux permet de limiter ces effets néfastes.

5. Pourquoi est-il important de concilier cadre et bienveillance dans l’éducation ?

Un cadre structurant est essentiel au développement de l’enfant, mais il doit être posé avec empathie. Expliquer les règles sans jugement et dissocier le comportement de la valeur de l’enfant favorise la responsabilité et la confiance en soi. Un équilibre entre bienveillance et exigence permet un développement émotionnel et intellectuel optimal.

Découvrez la formatrice

Catherine Eymery

Docteure en Sciences de l’Éducation et spécialiste en neurosciences, j’ai créé « Vivre de la formation » pour partager mes connaissances et ma passion avec des formateurs, entreprises et organismes de formation.

Ma mission ? Transformer les pratiques pédagogiques et managériales grâce à des méthodes éprouvées pour améliorer la communication et l’accompagnement des apprenants et des équipes.

Je place l’humain au cœur de mon travail, convaincue que la meilleure des formations repose sur une bienveillance et un respect mutuel.

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