Explorons ensemble le monde fascinant des talents DYS.
Quand on parle des troubles DYS – dyslexie, dyspraxie, dyscalculie, dysphasie, dysorthographie ou encore TDAH souvent associé – l’accent est bien souvent mis sur les difficultés. Ces différences neurodéveloppementales sont en effet synonymes de défis réels dans la vie scolaire, professionnelle et quotidienne. Mais si l’on s’arrêtait un instant pour observer l’autre facette de la médaille ?
Et si, derrière ces « troubles », se cachaient en réalité des forces insoupçonnées, des talents atypiques, et des capacités cognitives exceptionnelles ?
Aujourd’hui, je vous propose un voyage au cœur de la neurodiversité, pour découvrir ce que les personnes DYS peuvent nous apprendre, et pourquoi il est essentiel de reconnaître et valoriser leurs atouts.
1. DYS et Talents : un duo inattendu mais puissant.
Chaque trouble DYS est unique, tout comme chaque personne qui en est porteuse. Mais certains traits communs se dessinent lorsque l’on écoute leurs témoignages, qu’on observe leurs réussites et qu’on analyse leurs modes de pensée.
1.1. Dyslexie : des penseurs visuels, intuitifs et créatifs.
Souvent associée à des difficultés en lecture, orthographe et décodage des sons, la dyslexie est en réalité liée à une autre manière de traiter l’information : globale, visuelle, contextuelle. Les dyslexiques ont souvent :
- Une grande capacité à penser en images.
- Une forte intuition et imagination.
- Une pensée en arborescence : les idées se connectent de façon originale.
- Des aptitudes pour les domaines artistiques, visuels, narratifs.
- Une créativité débordante, utile en design, communication, innovation.
🔍 Saviez-vous que des personnalités comme Agatha Christie, Steven Spielberg ou encore Léonard de Vinci sont souvent citées comme figures emblématiques de la dyslexie. Leur génie créatif repose sur une autre manière de percevoir le monde et de s’y exprimer.
1.2. Dyspraxie : des esprits ingénieux face aux contraintes motrices.
La dyspraxie impacte la coordination motrice fine et globale. Écrire (dysgraphie), s’organiser dans l’espace ou automatiser certains gestes peut être difficile. Mais face à ces défis, les dyspraxiques développent des stratégies d’adaptation innovantes :
- Un fort esprit d’analyse et de décomposition des tâches.
- Une excellente résilience cognitive : apprendre à contourner les obstacles.
- Une créativité artistique ou numérique (musique, montage vidéo, animation…).
- Une capacité à penser « en dehors du cadre » face à une contrainte physique.
Ils sont aussi souvent dotés d’un sens esthétique affiné, et peuvent exceller dans les arts visuels, les jeux de construction, le théâtre, la photographie.
1.3. Dyscalculie : sensibilité logique alternative et intuition relationnelle.
La dyscalculie rend difficile l’accès au calcul, aux chiffres, aux concepts mathématiques abstraits. Mais cela ne signifie pas un manque d’intelligence logique, bien au contraire :
- Certains développent un sens intuitif du raisonnement visuel.
- Une excellente compréhension des relations humaines et des schémas sociaux.
- Un talent pour la communication, les langues, l’expression orale.
- Une pensée narrative et systémique plutôt qu’analytique linéaire.
Là où les chiffres sont perçus comme froids et inaccessibles, les dyscalculiques peuvent proposer une vision plus humaine et globale des problèmes à résoudre.
2. Neurodiversité : un changement de regard indispensable.
Le concept de neurodiversité, propose une vision alternative aux approches médicales traditionnelles. Plutôt que de parler de déficits ou de pathologies, il s’agit de reconnaître que les cerveaux humains ne fonctionnent pas tous de la même manière, et que cette diversité est une richesse.
Dans cette perspective :
- Les DYS ne sont pas des erreurs à corriger, mais des variations à comprendre et à accompagner.
- Le but n’est pas de « normaliser », mais de créer un monde plus inclusif.
- La reconnaissance des talents atypiques devient une question de justice cognitive.
Pourtant, les stéréotypes négatifs persistent. On entend encore que les DYS sont « paresseux », « inattentifs », ou « peu doués en classe ». Ces idées reçues, profondément ancrées, nuisent à l’estime de soi des enfants comme des adultes concernés.
Il est donc urgent de changer notre manière de parler des DYS, et de mettre en lumière leurs forces invisibles, bien trop souvent ignorées.

« Il n’y a pas une seule forme d’intelligence, mais des milliers de manières d’être intelligent. »
— Howard Gardner, psychologue, théoricien des intelligences multiples
3. Créer les conditions d’un épanouissement.
Avoir un potentiel, c’est une chose. Pouvoir l’exprimer, en est une autre. Les personnes DYS ont souvent besoin de soutiens adaptés, de ressources spécifiques, et surtout d’un environnement bienveillant qui reconnaît leurs besoins.
3.1. En milieu scolaire :
- Aménagements pédagogiques : police adaptée, temps supplémentaire, consignes orales.
- Accès à des outils numériques : synthèse vocale, dictée vocale, correcteurs intelligents.
- Encouragement des formes d’expression alternatives : oral, vidéo, projets créatifs.
3.2. En milieu professionnel :
- Reconnaître les compétences hors des normes classiques.
- Permettre des temps d’adaptation, des modalités de travail différentes.
- Offrir des formations internes aux collègues et managers pour mieux comprendre les DYS.
Par exemple l’association Le Cartable Fantastique propose de nombreux outils, ressources et accompagnements pour favoriser l’inclusion scolaire et sociale.
4. Témoignages de réussites inspirantes.
De nombreuses personnes DYS ont su dépasser les obstacles pour faire de leur différence une force :
- Daniel Tammet, autiste Asperger et synesthète, écrivain reconnu.
- Richard Branson, entrepreneur dyslexique, fondateur de Virgin.
- Whoopi Goldberg, actrice dyslexique.
- Erin Brockovich, militante dyslexique, dont l’histoire a inspiré un film.
Ces parcours montrent qu’avec confiance, accompagnement et reconnaissance, les personnes DYS peuvent briller dans de nombreux domaines : arts, sciences, entreprise, innovation, santé, pédagogie, sport…

Ce que je retiens…
Les personnes DYS sont porteuses d’un potentiel immense. Leur fonctionnement différent leur donne souvent accès à des formes d’intelligence, de sensibilité et de créativité hors normes. Encore faut-il leur en donner l’opportunité.
Changer de regard sur les DYS, c’est :
- Reconnaître qu’il existe plusieurs manières de penser, d’apprendre, de réussir.
- Cesser de réduire les individus à leurs difficultés.
- Valoriser la diversité cognitive comme un levier d’innovation collective.
- Créer des ponts entre les besoins spécifiques et les compétences universelles.
Ensemble, construisons un monde plus inclusif.
En tant qu’enseignants, formateurs, parents, professionnels, nous avons un rôle essentiel à jouer. En valorisant les talents des personnes DYS, en aménageant les espaces d’apprentissage et de travail, en adoptant une pédagogie plus humaine, nous contribuons à une société qui respecte toutes les intelligences.
La diversité des cerveaux est une chance. Il est temps d’en faire une force collective.